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Hbsc Xris Blog - A la poursuite du réel, historique et scientifique, parce que 1984, nous y sommes presque.

Archéologie, Histoire de l'agriculture, de l'élevage, de l'alimentation, des paysages, de la nature. Sols, faunes et flores. Les sciences de la nature contre les pseudos-sciences, contre l'ignorance, contre les croyances, contre les prêcheurs de l’apocalypse.

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

Je lis peu la presse généraliste qu’elle soit de gauche ou de droite. Sur les sujets que je connais et que je maitrise c’est à 70% bullshit et shitbull.

Et j’essaye d’éviter de tomber dans le piège de l’amnésie Gell-Mann dont sont frappés beaucoup de lecteurs :

L’effet d’Amnésie « Gell-Mann » est un concept développé par Michael Crichton (1942-2008), qui fit des études de médecine, avant de devenir écrivain et scénariste de film de science-fiction (Jurassic Park). Murray Gell-Mann (1929-2019) était un grand scientifique, prix Nobel de physique en 1969 avec qui Michael Crichton discuta de ce concept.

C’est assez simple. Vous ouvrez un journal et vous tombez sur un article traitant d’un sujet que vous connaissez parfaitement bien, par exemple parce que c’est ou cela a été votre domaine professionnel. Vous lisez l’article et vous vous rendez compte que le journaliste n’a absolument aucune compréhension, ni connaissance de son sujet (Genre « faire pousser des légumes sans eau » dans la plantureuse série « Les fadaises de l’été »).

Michael Crichton disait qu’après avoir lu avec exaspération ou amusement les multiples erreurs de l’article, on tourne la page vers des affaires nationales et internationales et on lit le reste des articles comme s’ils étaient forcément plus crédibles que les balivernes que l’on vient de lire.

Oublier presque immédiatement qu’un article affreusement biaisé ou lamentablement ignorant jette un soupçon sur la crédibilité de tous les autres articles du journal, c’est cela l’Amnésie « Gell-Mann ».

 

En règle générale pour ma revue de presse du matin, je lis les titres. De toutes façons, la presse généraliste ne vaut tellement pas grand chose que le titre suffit.

Je ne passe du temps que dans la presse spécialisée, histoire, archéologie, agriculture, élevage, sciences naturelles, dans laquelle la majorité des articles émanent de gens à peu près compétents, du moins quand ils ne sont pas aveuglés par un militantisme fanatique et ne cherchent pas trop à faire à la fois une carrière et de l’argent en racontant n’importe quoi.

 

Et je ne clique pas sur les articles de la presse généraliste pour les lire, surtout quand ils sont catastrophistes.

Tout clic sur un titre catastrophiste alimente le catastrophisme puisque les journaux font en sorte de publier en priorité des articles sur lesquels les gens vont cliquer beaucoup, ce qui leur rapporte de l’argent. Et en matière de fric, le catastrophisme est un « must ».

Autant que possible, lorsqu’on lit la presse, il ne faut cliquer que sur des articles positifs, et même cliquer plusieurs fois.

 

Tout de même quand j’ai lu, jeudi matin 25 août, ce titre catastrophiste du Figaro : « L’Europe est confronté à sa pire sécheresse depuis 500 ans », j’ai voulu connaitre le nom de l’historien ou des historiens qui racontaient une fable pareille et comment pouvaient-ils la justifier.

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

J’ai donc cliqué sur l’article. Par chance il était librement accessible, sans abonnement. Je n’ai pas d’abonnement au Figaro et je ne suis pas près d’en prendre un.

 

J’ai lu et relu l’article. Aucun historien n’avait été recruté pour débiter cette nouvelle fadaise.

L’article se réfère à l’Observatoire Mondial de la Sécheresse qui a publié un rapport le 23 août dans lequel cette affirmation serait contenue. Comme j’aime aller aux sources, j’ai foncé.

Pour ceux qui maitrisent l’anglais, le rapport est là : https://edo.jrc.ec.europa.eu/documents/news/GDO-EDODroughtNews202208_Europe.pdf

J’ai lu et relu les 24 pages du rapport et je le considère plutôt bien rédigé et factuel. Je n’ai rien à dire contre ce rapport.

 

Le gros hic, le méga hic est que ce rapport ne contient aucune référence aux sécheresses de ces 500 dernières années en Europe. La référence la plus ancienne contenue dans ce rapport est l’année 1950, c’est à dire il y a 72 ans…

Et encore s’agit-il seulement de l’évocation de l’exceptionnel système de hautes pressions atmosphériques qui est resté bloqué sur l’Europe pendant plusieurs mois, comme cette année.

 

Et pourtant, dans le texte :

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

On a bien sûr été gratifié d’une photo aérienne de la Loire, ce n’est pas anodin non plus…

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

Avec la Loire, on est sûr de faire mouche à tous les coups. L’histoire de ce fleuve, difficile à canaliser et maitriser, n’est qu’une longue litanie de sécheresses et d’inondations, donc rien de nouveau sous le soleil, même le plus brûlant…

 

Entendons nous bien, je ne conteste pas le réchauffement climatique actuel, je conteste son ampleur, je conteste surtout les affabulations selon lesquelles il y aurait davantage d’événements climatiques extrêmes, affabulations reposant sur des bases de données soit disant historiques mais non renseignées pour le passé.

http://hbscxris.over-blog.com/2020/01/evenements-climatiques-extremes-plus-nombreux-qu-autrefois-ou-bases-de-donnees-historiques-non-renseignees.html

Je suis également dubitative sur les causes.

La question du réchauffement d’origine terrestre, (voir les ICU, Ilots de chaleur urbain) m’interpelle plus que le CO2 que je pense quand même qu’il faudra limiter ou capter, peut-être grâce aux plantes OGM,  si on veut continuer à respirer correctement dans quelques décennies.

https://seppi.over-blog.com/2021/06/un-gene-unique-renforce-la-resistance-au-climat-le-rendement-et-le-piegeage-du-carbone-dans-les-cultures.html

 

 

Le réchauffement d’origine terrestre et son impact sur les températures mesurées dans des stations météo au niveau du sol m’interpelle encore plus depuis que j’ai découvert qu’on arrosait les routes du tour de France pour faire baisser la température de ces dernières avant le passage des coureurs.

Le système permettrait de rafraichir le bitume dont la température atteindrait 70° sous fortes chaleurs. J’ignore si c’est exact, si cela l’est, il n’y a pas que nos villes qui sont des fournaises faisant monter les températures ambiantes, les routes également, et dans les pays développés les systèmes routiers couvrent des surfaces considérables, un peu plus de 2% du territoire pour la France.

 

Bien entendu il a fait très chaud et très sec en France cette année, même si dans ce domaine, on peut distinguer globalement une France du sud très fortement impactée et une France du nord qui n’a été véritablement impactée qu’à partir du début de l’été.

Et il n’est aucunement question de contester la réalité d’une sécheresse et d’une canicule exceptionnelle ayant frappé la plus grande partie de l’Europe.

Mais faut-il y voir un effet du réchauffement climatique ou les perturbations engendrées sur le climat mondial par 2 ans et demi de Niña dans le Pacifique avec des pluies exceptionnelles et même désastreuses en certains lieux mais quasi miraculeuses pour certains endroits secs qui actuellement ressemblent à la Suisse au printemps alors qu’on devrait être en pleine saison sèche.

 

Revenons à la question des cours d’eau, puisqu’on nous gratifie d’une belle photo de la Loire presque à sec. Je pense qu’en cherchant dans les photos d’archives, il y a mieux… Et une grande partie de l’article traite de la sécheresse des cours d’eaux européens.

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

50 ans en arrière, comme tous les enfants de mon âge à l’époque, j’ai appris en géographie des choses simples : « Les ruisseaux se jettent dans les rivières et les rivières se jettent dans les fleuves ».

 

Les cours d’eau, voilà un sujet qui me tient à coeur.

Depuis une vingtaine d’années en France, sous la pression de la Commission Européenne, s’est mis en place une monstruosité qui s’appelle pompeusement « Continuité Ecologique des Rivières ». Il s’agit de restaurer des rivières naturelles.

Qu’est ce qu’une rivière naturelle et de quand doit-on la dater pour l’estimer naturelle : le moyen âge, l’antiquité, le néolithique, je ne sais pas ? Les humains ont tellement modifié la nature au cours des siècles et des millénaires qu’il est parfois compliqué d’y voir clair.

 

Enfin le principe est simple. Il s’agit de détruire le maximum de digues et de barrages sur les rivières de de France, voir sur les fleuves si possible, voir l’article sur la casse des barrages du fleuve côtier de la Sélune dans la Manche https://www.ouest-france.fr/normandie/avranches-50300/nostalgiques-des-barrages-du-sud-manche-les-habitants-ne-veulent-pas-d-une-vallee-abandonnee-7daa2d7c-b2f7-11eb-936a-8b56d4eb2d1d

 

Il s’agit d’ensauvager les rivières où on espère ainsi voir revenir les saumons ou voir d’autres espèces confidentielles. Cela intéresse qui à part les bobos parisiens qui vouent à la nature un culte aussi niais qu’ignorant ?

Une poignée de pêcheurs sportifs au saumon ou à d’autres espèces d’eau vive, pêcheurs en grande partie appartenant aux plus riches des élites de nos sociétés et qui apprécieraient de pouvoir passer plus fréquemment des week end de pêche juste à quelques heures de Paris, sans avoir besoin de prendre régulièrement l’avion pour l’Irlande.

 

Quand il n’y a plus guère de saumons sur les côtes de France, on se demande bien d’où vont venir ces fabuleux saumons qui vont remonter nos rivières ensauvagées.

20 ans que cela ne marche pas, 20 ans que les rivières dont on casse les digues et les barrages sont de plus en plus pauvres en poissons, mais 20 ans que l’on s’acharne à casser, le propre des écologistes étant de refaire chaque fois la même ânerie en espérant à chaque fois un résultat différent.

 

Parait-il que les propriétaires de digues, barrages, vieux biefs de moulins sont tous d’accord pour les destructions, qu’ils soient de droit public comme des communes ou privés comme de malheureux particuliers qui avaient racheté un vieux moulin historique. Et malheureusement les services du ministère de la Culture ne peuvent plus grand chose pour sauver ces patrimoines : https://www.latribunedelart.com/rivieres-et-moulins-menaces-un-nouveau-decret-scelerat-d-emmanuel-macron

Sûr qu’ils sont d’accord les propriétaires... Le deal est simple, soit vous faites refaire entièrement votre digue ou votre barrage selon les normes avec une belle échelle à poissons, quasi entièrement à vos frais et à un prix de dingue, soit le Ministère de la Transition Ecologique vient tout casser et prend en charge l’intégralité des travaux. A ce tarif, vous avez beau l’aimer votre petit plan d’eau, à moins d’être riche, vous lui dîtes adieu.

 

J’avais suivi la « casse » du Thouet dans le Maine et Loire il y a quelques années, et j’ai remarqué un article sur Ouest France, ces derniers jours. Pas de doute, les résultats sont là https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saumur-49400/saumurois-des-centaines-de-poissons-morts-dans-le-thouet-67b62104-2242-11ed-af17-57aacc3aad57

 

Quand on suit l’actualité de cette casse, on se rend compte que nombreux sont ceux qui ont lutté, tempêté, manifesté, pleuré parfois.

Pleuré parfois car ce n’est pas seulement un extraordinaire système de régulation des cours d’eau que l’on casse, ce sont des multitudes d’étangs et de petits lacs qu’on détruit.

Autour de ces étangs et lacs, le dimanche venaient pêcher, pas sportivement mais pépèrement, et pique niquer les familles des alentours et on venait y camper une semaine ou deux l’été faute d’avoir les moyens de partir à l’autre bout du monde dans un pompeux écolodge.

Tous les ans, pour ces familles sonne le glas d’un étang ou d’un lac, détruit à son tour, où ils n’iront plus jamais pêcher une friture, faire du canoë, ou patauger béatement avec les enfants.

Oh bien sûr, les gens de ces plaisirs simples sont tout à fait méprisables tant pour les bobos parisiens que pour le monde écologiste, ce sont d’ailleurs deux mondes qui se confondent.

Pensez, ce sont ces mêmes gens des plaisirs simples qui vont courir après les cadeaux publicitaires au passage du tour de France, aller applaudir à un match de rugby le dimanche ou regarder les yeux brillants les illuminations de Noël. Ces gens sont les miens, voilà bien longtemps, avant que ne commence le temps des destructions écologistes, j’ai pêché avec mes parents au bord de tels étangs, la modeste friture du soir, et pataugé béatement dans l’eau…

 

La presse généraliste rend rarement compte des manifestations, pétitions, luttes des opposants à la casse. Elle a fait son choix il y a longtemps, son camp est celui des casseurs. La presse régionale évoque parfois ces combats mais timidement, presqu’à contrecoeur quand on lit les articles qui fichent parfois la nausée.

Il faut aller chercher les informations ailleurs. Plusieurs sites fédèrent les opposants et rend compte de leur combat, parmi eux l’Observatoire de la Continuité Ecologique, riche en information : https://continuite-ecologique.fr/

 

Toute cette histoire de digues et barrages sur les rivières est loin d’être anodine.

On supprime absurdement des ouvrages qui étaient tant des régulateurs de crues que des régulateurs de sécheresse et on s’étonne ensuite des inondations et des rivières à sec.

Et si les rivières ont perdu leur maillage de régulation des eaux, faut-il s’étonner que les fleuves dans lesquels elles se jettent en pâtissent ?

 

La sécheresse frappe la France et on nous prédit (vrai ou faux ? ) qu’elle la frappera davantage dans les années à venir, mais il est interdit de stocker de l’eau et on ravage les infrastructures existantes pour renvoyer plus vite l’eau des cours d’eau à la mer quand on a la chance d’avoir des pluies qui les ont bien abreuvés.

Si on est pas chez les dingues, ça y ressemble.

 

La casse en cours ne concerne pas que la France, elle frappe toute l’Europe, du moins de l’ouest. A l’est, ils ne sont pas encore aussi secoués…

 

Pour des milliers de digues et de petits barrages de France, il est déjà trop tard. Pour d’autres comme à St Martin d’Ardèche avec son plan d’eau et son camping des familles, il est encore temps de participer au combat.

 

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/la-plage-de-saint-martin-d-ardeche-va-elle-disparaitre-1613739219

 

 

Notes :

 

A découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas, Christian Lévêque, biologiste, directeur de recherches, spécialiste des milieux aquatiques continentaux « La mémoire des fleuves et des rivières »

La pire sécheresse depuis 500 ans ? Références historiques s'il vous plait ? A la recherche du réel...

Et pour se rafraichir la mémoire, ou si l’on est jeune, découvrir aisément la météo d’un proche passé sans avoir à se plonger soi même dans des archives, il y a l’intéressant site de Guillaume Séchet https://www.meteo-paris.com/chronique

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