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Hbsc Xris Blog - A la poursuite du réel, historique et scientifique, parce que 1984, nous y sommes presque.

Archéologie, Histoire de l'agriculture, de l'élevage, de l'alimentation, des paysages, de la nature. Sols, faunes et flores. Les sciences de la nature contre les pseudos-sciences, contre l'ignorance, contre les croyances, contre les prêcheurs de l’apocalypse.

Au temps du Covid 19, pour un « bonjour sans contact », à l’encontre de cette récente mode de la « bise »

Gravure du XIXème

Gravure du XIXème

 

Il y a longtemps que je réfléchis à un article sur l’apparition et la diffusion dans la seconde moitié du XXème siècle de la mode de la « bise » et autres embrassades, en France ou dans d’autres pays européens. 

Et à vrai dire, je n’ai pas encore accumulé assez d’éléments objectifs pour écrire correctement sur le sujet. Je suis largement limitée à mes propres souvenirs et c’est forcément subjectif, ce que je n’aime pas.

Mais j’ai cependant choisi de l’évoquer en raison de l’actualité tant il me parait évident que le niveau des contaminations en Europe, qui serait jusqu’à 100 fois supérieur au niveau des contaminations en Asie, a, parmi les raisons principales, la bise, les poignées de main et le non lavage des mains, et, parmi les raisons annexes, le non port de ces masques simples que porte toute l’Asie, mais dont on nous a dit qu’ils ne servaient à rien, mais c’est un autre sujet.

 

Les coronavirus, ce n’est pas vraiment mon sujet et disons le tout court je ne suis absolument pas médecin. 

Ma seule toute petite compétence provient de mon passé professionnel que pour l’instant j’ai choisi de ne jamais évoquer. Cela étant, sans la nommer, une petite fraction de mon métier passé consistait, au sein d’équipes, à réfléchir à d’éventuelles catastrophes de quelque nature que ce soit, à proposer des mesures à prendre en telles ou telles circonstances et à les mettre en oeuvre le cas échéant. Raison pour laquelle j’ai plus qu’une petite expérience dans une grande partie des événements de nature à déclencher un plan Orsec. Et comme toutes les petites mains, j’ai fait pas mal de stages de formation souvent bien intéressants, stages dont bizarrement s’exemptent le plus souvent les hauts décideurs tant ils sont convaincus d’avoir la science infuse dans tous les domaines.

 

Il y a un peu plus d’une dizaine d’année maintenant, j’ai croisé un truc qui s’appelait H1N1. 

Cela n’a pas laissé grand chose dans les mémoires, mais à l’époque du début de l’épidémie en 2009, elle faisait peur et l’on s’y préparait. Heureusement, en ce temps là, nous avions une grande dame au Ministère de la Santé, Roselyne Bachelot et elle pris aussitôt toute la mesure d’un éventuel risque pandémique grave. Bien avant que le virus ne soit en vue en France tous les services pouvant être impliqués dans la lutte disposaient de consignes et le matériel arrivait ou était en commande. Des consignes d’hygiène furent diffusées à l’attention de tous ceux qui pourraient être impliqués et des annonces et mesures préparées à l’attention des populations. Elle fit acheter massivement des masques, quelque chose comme 1 milliard de commandes, des masques chirurgicaux mais surtout un fantastique stock de FFP2 et des doses de vaccins. Comme finalement, la pandémie fut limitée et le virus se révéla moins virulent que prévu, cette femme remarquable fut l’objet de critiques profondément injustes.

De ce que j’ai appris autrefois, le virus H1N1 se transmettait par les sécrétions émanant de la zone bucco-nasale soit dans l’air, dans une zone proche d’une personne infectée, par expectoration en raison de la toux ou d’éternuements, soit par les mains ayant été en contact avec le visage et des sécrétions de cette zone bucco-nasale. Dans ce cas, les mains étaient source de contamination, soit directe en serrant la main de quelqu’un d’infecté, soit indirecte en touchant quelque chose que la personne infectée avait touché.

De toute évidence, même si je ne dispose plus que des informations relayées dans la presse, il semble que le Covid 19 se transmet d’une manière assez similaire au H1N1 autrefois, avec juste deux particularités, la première étant que le Covid 19 semble capable de survivre sur une surface où il a été déposé jusqu’à plusieurs jours de suite, la 2ème est que le virus est également présent dans les fèces, donc il pourrait y avoir contamination par les sanitaires.

 

En conséquence, si le Covid 19 « sors » d’un contaminé par la zone bucco-nasale et « entre » chez un futur contaminé par la zone bucco-nasale, il parait évidant que les embrassades sont la raison majeure de la contamination, les mains constituant une cause secondaire importante du fait que nous portons facilement nos mains à notre visage, que nos mains soient lavées ou pas, ou que nous touchons des objets qui peuvent être infectés.

 

En Asie, la plupart des gens le savent, on ne s’embrasse pas et on ne se serre pas la main. On pratique le « bonjour sans contact » en s’inclinant face à la personne à qui on dit bonjour. 

Le pays le plus touché du continent asiatique hors la Chine, a été la Corée du Sud. 60% des contaminations y sont directement liées aux fidèles d’une église évangéliste Coréenne qui a adopté les coutumes Occidentales des embrassades et les pratiquent largement à chaque office. Ces fidèles dont certains rentraient d’un voyage en Chine ont répandu le virus parmi leur communauté avant de le répandre dans le reste du pays. Une série de mesures de dépistage, le rappel des règles de distanciation sociale, une hygiène rigoureuse, et le port du masque ont très rapidement fait décliner les contaminations. La réponse adaptée et rapide de la Corée du Sud à l’épidémie en font un véritable modèle à suivre.

Le premier pays gravement touché en Europe fut l’Italie, un pays où « faire la bise » entre gens qui se connaissent ou ne se connaissent pas tourne au trouble obsessionnel compulsif. Faut-il en conséquence s’étonner de la rapidité et de la gravité de la tournure de l’épidémie ? D’éminents spécialistes s’interrogent, moi non…

Revenons en France, un pays juste légèrement moins bisouillant que l’Italie, mais qui comme la Corée du Sud a eu son église évangéliste en poisson pilote de l’épidémie depuis Mulhouse où s’était tenu un rassemblement de 2000 fidèles.

 

Force est de constater que s’embrasser à tout va n’est pas forcément une bonne idée.

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

Dans les pays européens, ma vision reste floue, visiblement en Italie, la bise est une mode ancienne et ancrée depuis bien avant qu’elle n’arriva en France. En Russie, elle était omniprésente mais avec des significations rituelles, amicales ou familiales dont les codes m’échappent. 

En Allemagne, que je connais un peu mieux que d’autres pays, c’est quelque chose qui n’était absolument pas en usage avant, je pense, la fin du XXème siècle et il y a eu un indéniable basculement.

Et jusqu’à ces dernières années, les américains, de tradition ange-saxonne, ne se touchaient pas non plus pour se dire bonjour. C'était "Hi" ou une version tellement mâchée de "How are you doing ?" que je ne sais même pas comment l'écrire, avec un petit signe de tête.

 

Difficile d’écrire une histoire de la « bise » même en résumé, tant les sources manquent.

Et pour la France, je préfère me référer aux 2 ou 3 derniers siècles uniquement, car la bise, la poignée de main, l’accolade ont des significations particulières dans les textes du moyen âge. Dans une civilisation où l’écrit était rare, tous ces gestes correspondaient souvent à des symboliques précises, hommages, contrats, engagements, alliances familiales, fêtes religieuses. 

S’agissant de l’époque moderne, entre la fin du moyen âge et la révolution française (1492-1789), on dispose de textes assez clairs sur la manière de se saluer dans la noblesse, entre inférieurs et supérieurs et entre manants et nobles, révérences, inclinaisons du buste, coups de chapeau, l’ancêtre du salut militaire qui aujourd’hui mime le geste disparu. Louis XIV embrassait les dames de la cour tous les jours, rien d’étonnant vu sa vie sexuelle, aujourd’hui il serait poursuivi par « me too ». Les reines embrassent leurs fils et leurs neveux, bon assez normal. Au delà ? 

Remarquons qu’on ne faisait pas de baise-main aux dames comme dans les films, c’est une mode qui vient de la cour d’Espagne au XVIIIème. Qu’en est-il du peuple, les sources manquent, on s’en fiche.

 

Pourquoi la bise m’intrigue tant ?

 

Et bien c’est très simple, je suis née au tout début des années 1960. Du fait de racines familiales, j’ai grandi entre la Moselle et la Bourgogne des arrières Côtes de Beaune.

Je n’ai aucun souvenir de la bise étant enfant, si ce n’est pour embrasser les proches familiaux quand on les voyait. Proches familiaux, hormis les parents, cela veut dire, grands parents, oncles, tantes, cousins, rien d’autre. 

J’ai un assez bon souvenir de tout cela car je n’aimais pas les barbes qui piquaient, surtout celle de la vieille tante, la soeur de ma grand-mère paternelle. 

 

Au delà de cela, personne ne se faisait la bise, on embrassait ni des copains ou copines de la rue, de l’école, du travail, et pour qu’on embrasse quelqu’un qui n’était pas apparenté, c’était uniquement en cas de liens amicaux et sérieux. 

Par exemple quand on arrivait en vacances, on embrassait une fois le jour des retrouvailles, les meilleurs amis familiaux et une fois en repartant. Mais au jour le jour, cela ne se faisait jamais, et les hommes ne s’embrassaient jamais entre eux, et parfois n’embrassaient pas du tout. 

 

Il y avait également des fêtes particulières où lorsqu’on pouvait s’embrasser entre non apparentés par exemple au Nouvel An pour se souhaiter les voeux lors d’une fête entre apparentés et amis. Mais dans les jours qui suivaient, on aurait jamais embrassé des collègues de travail, on se contentait de dire « meilleurs voeux » et éventuellement quelques banalités de circonstances avec un hochement de tête. 

 

Il y avait aussi les anniversaires où on embrassait la personne qui franchissait le cap d’une année mais entendons nous bien, les fêtes d’anniversaire ne se marquaient qu’à des dates particulières, 10, 15 ou 20 ans, le reste était strictement familial. Absolument rien à voir avec aujourd’hui où les mamans de gosses dès qu’ils savent à peine marcher, reçoivent 30 mômes et leurs mères, et se taperont ensuite les anniversaires des 30 autres ou pas loin, le tout avec un budget bouffe, cadeaux, animations complètement délirant. Cela n’existait pas, nos mères travaillaient, soi chez elle, soit dehors, soit pire les deux. Et l’argent ne coulait pas à flots, et la société de consommation n’avait pas encore inventé les cadeaux à tout va, au point que les gosses gâtés et blasés s’amusent désormais parfois plus avec le carton d’emballage ou le papier qu’avec le cadeau.

 

Pourquoi je me souviens de cela et j’en parle ? Et bien c’est un petit peu par défaut. 

 

Un beau jour, j’ai une dizaine d’années, on est donc au tout début des années 1970, je suis en vacances dans mon petit village familial de Bourgogne et survient dans notre cercle de gosses qui jouaient ensemble tous les après-midis, une petite parisienne de notre âge dont les parents avaient acheté une vieille maison qu’ils retapaient.

Et stupeur, cette gamine inconnue qu’on nous présente, se met à tous nous embrasser. 

Ahurissement total et incompréhension… Très sûre d’elle et se rendant compte de notre surprise, je l’entends encore nous faire un cours sur la coutume des bises à Paris, combien ? par quel joue d’abord ? etc… Et nous misérables bouseux des campagnes, on était aussi stupéfaits qu’écrasés par ce qui était présenté comme une supériorité culturelle.

 

Bizarrement, le choc mental provoqué par une totale inconnue qui m’embrasse m’a poursuivi le restant de mon existence.

Comme j’avais toujours besoin de comprendre, j’ai commencé à interroger à cette époque mes parents, ma grand-mère encore en vie. Nul ne connaissait ces étranges coutumes de « parigots ».

Cela ne m’a pas plus préoccupé que cela, et en Moselle où j’allais à l’école jusque fin des années 1970, je n’ai jamais connu ces coutumes. Idem à l’Université de Dijon où je ne me revois pas faire la bise à qui que ce soit, si ce n’est des années plus tard avec des amis que je m’étais fait et avec qui j’avais gardé des relations. 

Dans le monde du travail, point de bises, même pas à mon arrivée à Paris en 1986. Il était par contre d’usage de serrer respectueusement des mains, et encore uniquement celles des gens avec qui on avait des relations codifiées notamment dans un sens hiérarchique ascendant ou descendant. 

 

C’est fin des années 1990, que je commence à voir avec avec surprise des collègues se pencher pour vouloir me faire la bise. J’ai résisté héroïquement presque jusqu’à ma retraite, choquant de plus en plus les gens au fil du temps. A la fin, c’était invivable car on pouvait se mettre des collègues complètement à dos pour ce seul motif.

 

Je refusais la bise pour deux raisons. La première était une préoccupation hygiéniste, j’ai trop passé de temps dans des archives et des livres d’histoire pour ne pas avoir une idée assez claire de la notion d’épidémie et de la gravité que peut avoir cette gestuelle. La seconde raison tenait à une exigence morale. A mon sens, on ne devrait faire la bise qu’à ceux qu’on aime ou qu’apprécie particulièrement. 

Tout autre comportement est profondément hypocrite et je suis attaché à la sincérité.

 

Faisait-on la bise en France dans les siècles passés et quand cela a t-il commencé ?

 

Bien difficile à dire car dans les auteurs du passé, ce n’est guère évoqué. 

On en cherche trace dans les romans écrits par des auteurs de l’époque. Encore une fois, on trouve des embrassades entre apparentés ou entre amis chers et lors d’une occasion exceptionnelle, mais pas au delà. Maintenant les romanciers n’en parlent-ils pas parce qu’il s’agissait de détails sans intérêt ou parce que cela ne se faisait pas. Pas facile de trancher.

 

A cause de la petite parisienne si bizarre, j’ai interrogé des gens plus âgés que moi dès les années 1970, mais superficiellement, j’étais juste une adolescente étonnée.

J’en ai interrogé beaucoup plus à partir des années 1990 quand cette coutume a commencé à devenir pénible. Maintenant la génération des vieux des années 1990 n’étaient plus la génération des vieux des années 1970 dont certains étaient encore nés au XIXème siècle.

Autre biais, mes interrogations à partir des années 1990 se sont surtout portées sur des résidents d’une moitié nord de la France de la Lorraine à la Bretagne en passant par la Bourgogne, que je connais mieux. Quand à Paris, bien difficile d’interroger un vieux parisien tant il y a des gens venus d’ailleurs, mais on en trouve quand même, et encore plus en banlieue et grande banlieue. Je n’évoque pas le sud de la France, je ne le connais qu’en randonnées et donc pas en profondeur s’agissant des gens.

 

De tous ces témoignages qui étaient oraux et valent pour ce que vaut l’oral d’une manière générale, quelque chose à prendre avec caution, il ressort que personne ne se faisait la bise jusqu’au moins les années 1960-90. 

Ensuite, les souvenirs varient selon les régions. Il est évident que le phénomène de la bise s’est imposé plutôt à Paris qu’ailleurs, sans doute amené de quelque part ? Maintenant nous avons eu des voisins et amis plus âgés que nous dans le sud de la région parisienne où nous avons vécu plus de 20 ans, et avec ces gens, qui étaient « indigènes », nous ne nous faisions jamais la bise. Ils n’en avaient pas plus l’habitude que nous.

Ensuite en région, cela parait simple, on ne faisait pas la bise, et s’agissant des gens âgés, lorsqu’on leur demandait pourquoi, ils s’empressaient de vous répéter que 1 cela ne se faisait pas tout simplement, il y avait des pudeurs et des réserves qui faisaient que l’on ne se touchait pas ainsi les uns les autres, entre garçons et filles, cela eut même été profondément inconvenant ; et 2 il y avait tellement de maladies et des si graves. 

 

Pour toutes les générations nées après la révolution Pasteurienne et éduquées, et bien éduquées à l’école obligatoire et gratuite mise place par Jules Ferry au début de la décennie 1870, la notion de transmission des maladies contagieuses de personne à personne était claire. Et en un temps où les remèdes efficaces étaient rares, la peur d’attraper quelque chose dominait les esprits.

En priorité, les gens nés fin XIXème, début XXème racontaient tous la tuberculose qui faisait tant de ravages jusque dans les années 1950. Tous les anciens, quand ils en parlaient, avaient une litanie de noms à égrener, ceux qu’ils avaient connus étant jeunes, et qui en étaient morts. Quand j’étais jeune, ma grand mère me parlait souvent de sa copine et fille unique des voisins directs, morte à 20 ans, tuberculeuse en 1924.

La tuberculose est encore aujourd’hui un des sujets qui arrive facilement dans la conversation lorsqu’on parle à des gens qui ont 90 ans et sont donc nés dans les années 1930 et dont la mémoire est restée vive. 

 

Il n’y avait pas que la tuberculose, les maladies gastro-intestinales faisaient régulièrement des ravages en raison de l’absence de frigidaire et du manque d’eau potable.

Et puis il y avait les maladies infantiles qui entrainaient d’immédiates réclusions des malades sans qu’il soit besoin de faire intervenir l’Etat. Des familles, qui auraient ignoré des mesures de prophylaxie quand l’un des leurs était malade, auraient fait l’objet d’une vindicte publique sans concessions. 

 

Et il y avait parfois des poux, les poux de tête, ou pire le poux de corps, en fait une puce qui communiquait le meurtrier typhus et qui ne fut éradiquée que grâce au DDT. Gale, furonculoses et dermatoses contagieuses étaient également assez courantes du fait du manque d’eau courante saine et de savon pour se laver suffisamment souvent et vraiment efficacement. On hallucine d’ailleurs devant le nouveau courant bobo prônant de ne plus se laver !

 

Et que dire des mauvaises odeurs repoussantes que trainaient un certain nombre de gens en un temps où l’eau courante était un luxe rare. Peu de gens savent ce que sent un éleveur du fait de son contact permanent avec les animaux d’élevage aussi propres ces derniers soient-ils. Aujourd’hui, c’est change de vêtements et douche tous les jours, mais autrefois ? 

Pour la première moitié du XXème siècle, en dehors les grandes villes, et encore, l’eau, il fallait le plus ordinairement aller la chercher au puits ou à la pompe avec des seaux et on se lavait avec un gant de toilette ou un linge dans une cuvette avec un broc d’eau à côté. Et quand on avait du savon, c’était un bout de « Marseille » rustique ne fleurant ni le tiaré, ni l’oranger et on ne le gâchait pas car il « coûtait ». 

Il faut attendre les années 1950 et 1960 pour qu’on ait l’eau courante et saine avec des lavabos et des baignoires, du moins dans les appartements modernes et que ne s’impose le bain hebdomadaire, un seul par semaine, en principe le samedi. La semaine, on se lavait au gant de toilette au lavabo.

Quand aux vêtements, on les trainait longtemps. Avant la généralisation des machines à laver dans les décennies 1960-1970, la lessive était un événement, et en général fort fatiguant pour tout le monde. Les mêmes draps pouvaient rester en usage 4 à 6 mois, raison pour laquelle dans bien des familles, la sommaire toilette du soir s’imposait avant le coucher, mains, visage, pied et un coup de brosse dans les cheveux. C’était surtout pour ne pas salir les draps et les faire durer.

Et dernier point, l’état dentaire de beaucoup de personnes nées fin XIXème et début XXème n’était guère folichon et n’attirait pas le bisou, cela aussi, c’est oublié.

Bref, on comprendra que les contacts physiques de toute nature ne pouvaient guère être recherchés.

 

On s’est mis à tous sentir bon, à être propre comme des sous neufs, à ne plus guère être malade, et quand on l’est, c’est tellement anormal et scandaleux qu’on cherche forcément des responsabilités qui seraient extérieures à nous mêmes. Et bien souvent, on passe à côté de réponses simples, la bise à tout le monde, les mains non lavées, la cigarette, les excès alimentaires en tout genre, l’absence d’activité physique. Bien sûr parfois, il n’y a aucune de ces évidences et il est légitime que l’on cherche à comprendre. Mais le plus souvent, les réponses simples suffiraient.

 

Dans toutes les études sur la santé des gens, je m’étonne de temps à autre de ne jamais en voir aucune portant sur la santé des gens qui font la bise, et la santé des gens qui ne la font pas. On peut étendre cela aux poignées de main ou à la fréquence du lavage des mains ou encore au fait ou non de retirer soigneusement ses chaussures lorsque l’on rentre chez soi pour mettre des chaussons, ce qui devrait valoir aussi pour les invités et est en usage en Asie.

Il y a probablement des choses à mettre en évidence assez facilement en matière de santé et de contagion.

 

Depuis les années 1990-2000, les pages du passé ne sont plus seulement tournées, elles sont brûlées, oubliées, réduites en cendres. 

Des générations bien nourries et à peu de prix, qui ont l’inouï privilège de connaitre la plus longue espérance de vie et le plus faible taux de mortalité de tous les temps, toutes générations confondues, ont l’outrecuidance de se poser en victimes permanentes sans se soucier de vouloir découvrir comment vivaient réellement leurs ancêtres, ni sans chercher à remettre en question les erreurs les plus évidentes de leurs modes de vie.

Aujourd’hui des bobos bien pensants qui s’embrassent à tout va échangeant à qui mieux mieux virus et bactéries à longueur de journée, se muent en lanceurs d’alerte pour des doses ridicules de pesticides dans des fruits et légumes ou pour un rien de bisphénol dans un plastique ou fustigent les vaccinations obligatoires. 

Les mêmes sont en ce moment en train de réclamer des produits de désinfection des lieux publics et peu leur importe lesquels. On pleure pour la rapide création d’un vaccin et on est prêt à se prosterner devant les grands lobbys pharmaceutiques, dénoncés hier, mais dont on attend aujourd’hui le Saint Graal.

Sauve qui peut…

 

Commençons tout simplement par arrêter de se faire la bise et prenons exemple sur les Asiatiques et sur leur « bonjour sans contact »  en s’inclinant simplement les uns en face des autres, tout en gardant une distance correcte.

 

Et quelle que soit l’issue du Covid 19, adoptons et gardons ce « bonjour sans contact » qui nous aidera également à nous préserver des épidémies courantes de grippes, gastro, rhino... voir de la tuberculose qui fait un joli retour en Europe, ou même de la peste pulmonaire et du choléra, toujours tapis dans l’ombre et j’en passe……..

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