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Hbsc Xris Blog - A la poursuite du réel, historique et scientifique, parce que 1984, nous y sommes presque.

Archéologie, Histoire de l'agriculture, de l'élevage, de l'alimentation, des paysages, de la nature. Sols, faunes et flores. Les sciences de la nature contre les pseudos-sciences, contre l'ignorance, contre les croyances, contre les prêcheurs de l’apocalypse.

Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...

Selon les chiffres officiels 2018 de la mission « Loups » française http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/donnees-sur-les-dommages-a3854.html, les loups auraient tué 12 500 animaux d’élevages et domestiques essentiellement des ovins et caprins mais on peut noter 145 bovins, 18 chevaux et 11 chiens. On rappellera que ce sont des chiffres issus d’une comptabilité dite « consolidée » après une procédure d’enquêtes et de vérifications.

Ces mêmes chiffres étaient de 11 900 en 2017, 9 930 en 2016. Tous les animaux tués n’ont pas été dévorés loin de là, car le loup ou les loups, qui attaquent un troupeau, égorgent un nombre plus ou moins important de bêtes, avant d’en dévorer une ou plusieurs sur place ou l’emporter.

Pour mémoire, le cap des 4000 animaux d’élevage et domestique tués a été franchi en 2010 seulement, la progression des victimes est donc rapide ces dernières années.

2019 pourrait marquer le pas, l’Etat ayant fortement accompagné financièrement les éleveurs dans la mise en place de protections, parcs électrifiés mobiles et fixes, chiens de protection, gardiennage. Des tirs de régulation ont également commencé à être autorisés.  

 

Les animaux d’élevage ne correspondent qu’à une fraction du régime alimentaire des loups puisque des études leur donnent environ 80% d’alimentation prélevée sur la faune sauvage. 

 

La population de loups en France en 2019 avoisinerait les 550 sujets très inégalement répartis selon les régions de France, précisions le.

 

L’occasion de découvrir le loup au passé et son meilleur historien français actuel : 

 

http://www.unicaen.fr/homme_et_loup/index.php

Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...

Jean Marc Morceau est né en 1956. Auteur à 16 ans d’une monographie sur l’histoire médiévale d’Athis-Mons, 1er au concours général d’histoire à 17 ans, élève de l’ENS de Paris, agrégé d’histoire, c’est cependant dans l’histoire moderne que ce médiéviste passionné s’est spécialisé ensuite. 

L’histoire moderne comme son nom ne l’indique pas pour les non historiens succède à une époque qui s’appelle l’histoire médiévale et va à peu près de la chute de l’empire romain à la fin du Vème siècle jusqu’à la découverte de l’Amérique en 1492. La découverte de l’Amérique est une date un peu arbitraire mais qui correspond effectivement à de grands bouleversements culturels, religieux, mentaux, intellectuels. 

L’histoire moderne commence donc à la fin du XVème siècle pour s’achever fin XVIIIème siècle avec la révolution américaine et surtout la révolution française qui bouleverse l’Europe dans les 3 décennies qui suivent. 

A partir de la fin XVIIIème, début XIXème jusqu’à nos jours, les historiens parlent d’ « histoire contemporaine ».

 

C’est donc dans l’histoire de la paysannerie à l’époque moderne que Jean Marc Morceau va se spécialiser avec sa thèse de doctorat sur « Les fermiers d’Ile de France, XVème-XVIIIème siècle, ascension d’un groupe social »

Historien des paysans, de l’agriculture, de la ruralité, il est un des premiers à s’intéresser d’une part à l’élevage largement oublié des historiens agricoles qui l’ont précédé au profit de la céréaliculture, d’autre part à une petite paysannerie progressivement paupérisée à l’époque moderne, qui vont constituer les journaliers, manouvriers, domestiques, le petit peuple des humbles qui n’attend que des bouleversements sociaux, économiques et technologiques pour fuir vers les villes.

 

C’est au cours de ses recherches que Jean Marc Moriceau rencontre le loup. Et progressivement, il collationne des documents et élabore ses premières synthèses. Or début des années 1990, le loup fait un retour marqué en France. 

Le loup a-t-il été volontairement réintroduit par des pro-loups agissant individuellement ou en groupuscules ? 

Est-il revenu « naturellement » d’Italie via le parc du Mercantour cette ancienne réserve de chasse des rois d’Italie ?

Le débat n’est pas clos et en listant les différents lieux de réapparition du grand prédateur en France dans les années 1980, je crois que les deux thèses ont une égale valeur.

En tout cas une chose est certaine, la France ayant adhéré à la convention de Berne en 1979 et à la Directive Européenne de 1992 prévoyant la protection des espèces sauvages, le loup se retrouve protégé et son expansion commence doucement.

 

Précédé par un matraquage médiatique impressionnant mené par les pro-loups, et aimablement relayé par notre piteuse presse, 

un sondage SOFRES commandé par le ministère de l’Environnement pose en 1995, la question suivante qui n’offre guère de choix :

« Disparu de France depuis plus de 50 ans, le loup est revenu. Un groupe d’une dizaine de loups vit actuellement dans le parc du Mercantour, à la frontière de l’Italie où le loup est encore très présent.

Parmi les 2 affirmations suivantes, quelle est celle dont vous vous sentez le plus proche :

-C’est une bonne nouvelle, il faut les protéger et indemniser les éleveurs si des moutons sont mangés (79%)

-Ce n’est pas une bonne nouvelle, il faut les supprimer (14%)

-Sans opinion (7%)

La presse titre : Les français approuvent le retour du loup… 

Globalement, depuis, les chiffres sont toujours restés autour des 80% de pro-loups. 

 

Dans les décennies 1990-2000-2010, Jean Marc Moriceau poursuit parallèlement à son travail d’historien du monde rural entre les XVème et XVIIIème siècle, un travail de recherches et de compilations sur 5 siècles d’histoire du loup en France.

Au delà des ravages sur le bétail, impressionnant d’ampleur à certaines époques, Jean Marc Moriceau exhume une réalité bien dérangeante.  Et bien non « Le petit chaperon rouge » version Perrault ou Grimm n’est pas une simple fable du passé dans laquelle certains esprits aux cheminements tortueux s’acharnent à voir une métaphore complexe, sexuelle pour les uns, sociologique parfois, et trop alambiquée pour que je comprenne ce que d’autres ont voulu y voir.

Ce n’est pas non plus une conjuration sinistre des paysans européens du passé.

Le grand prédateur mangeait aussi des humains, comme dans le conte. Et comme dans le conte, ce sont en général des enfants, des jeunes adolescents ou des femmes âgées. En fait la typologie des victimes reflète la population des gardiens de troupeaux des temps jadis, quand il n’y avait pas de barbelé, pas de clôture électrique, que les haies ne suffisaient pas et que de toutes façons bien souvent la pâture était un bien communal ou une jachère libre d'accès. Sur gardiens de troupeaux, entendons nous, cela allait du pauvre enfant conduisant seul la vache familiale au pâtre professionnel conduisant le grand troupeau d'un riche bourgeois ou d'un fermier très aisé.

Et les gardiens étaient très souvent des jeunes enfants garçons et filles ou parfois des femmes âgées ne pouvant plus travailler aux champs et reléguées à ces tâches. Le loup est un animal extrêmement prudent et méfiant, il n’attaque quasiment jamais des adultes et s’enfuit face à une solide résistance. 

Rappelons que contrairement à la légende, les gardiens de troupeaux des siècles passés avaient très rarement des chiens, encore moins des patous. Les patous ou « chiens de montagne des Pyrénées, qui atteignent une soixantaine de kg ne pouvaient être nourris et entretenus par une paysannerie pauvre ou modeste qui peinait déjà à se nourrir elle-même. Le chien de montagne des Pyrénées était par excellence un chien de l’aristocratie utilisé pour la chasse, pour la garde d’un précieux troupeau d'une ferme seigneuriale et pour la protection des déplacements des familles nobles. Les patous ne se démocratiseront pour la garde des troupeaux qu’au cours du XIXème siècle.

 

Pour Jean Marc Morceau exhumer ce passé lors des 30 dernières années, dans une société française acquise au loup, ne fut pas chose facile. J’ai suivi au fil des ans, les nombreuses attaques se succédant à son encontre. Certains sites écologistes pro loups ont rivalisé de haine, l’accusant de mentir, d’inventer, voir de falsifier des documents. 

En quelques coups de clics, on trouve encore des sites de ce type consultables https://www.loup.eu/moriceau-detestation-loup/

C’est sans doute une des raisons qui l’ont conduit à créer le site « L’homme et le loup, 2000 ans d’histoire » rattaché à l’Université de Caen où il enseigne comme professeur d’histoire moderne. 

Sur ce site, malheureusement peu médiatisé, et que je souhaite donner à découvrir, Jean Marc Moriceau a mis en ligne un grand nombre d’informations de sorte à rendre publique les sources de son travail dans un souci remarquable d’objectivité et de transparence.

Outre ses nombreuses activités de directeur de recherches historiques, d’expertises et d’écrivain toujours dans la thématique principale de la ruralité de la fin du moyen âge à l’époque contemporaine, Jean Marc Moriceau est rédacteur en chef de la revue « Histoire et sociétés rurales » et rédacteur de la rubrique historique de « La France Agricole »

Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...
Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...
Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...

 

Un aspect intéressant du site est la base de données des victimes du loup pour ces derniers siècles. Cette base n'est que la face immergée de l'iceberg car historiens et généalogistes travaillent les uns et les autres avec ce que le passé a bien voulu leur laisser, et pour peu que guerres et destructions soient passées par là, ou tout simplement des clercs négligents, et bien, il ne reste parfois pas grand chose. Dormant dans des fonds d'archives, il reste sans doute également bien des documents qui n'ont pas été explorés ou dans lesquels ceux qui les ont explorés n'ont porté aucune attention à la question des loups.

Une petite anecdote personnelle.... un jour égrenant des noms sur cette base de données, le nom de famille d’un ami a attiré mon attention, et en prenant la fiche correspondante, j’ai constaté qu’il s’agissait du village d’origine de cet ami en Lozère. 

A la fin du XVIIIème siècle, un petit garçon de 10 ans, qui avec son frère plus âgé de 2 ou 3 ans, gardait quelques vaches, fut agressé par un loup. L’ainé, armé d’un bâton supportant une pointe en fer parvint à repousser le loup qui s’en était d’abord pris à lui. Le loup s’empara alors du plus jeune et l’ainé ne pu rien faire pour sauver son cadet qui fut emporté dans un bois tout proche. 

L’ainé couru chercher du secours au village et les villageois retrouvèrent le corps du garçon de 10 ans partiellement dévoré.

Les loups au passé et au présent, et les chiens divaguants... A la recherche du réel...

Une mise au point sur les mythiques « chiens errants » de France métropolitaine, en fait des chiens divaguants… et leurs dégâts sur le bétail.

 

En marge de la présentation de ce site passionnant, j'ai voulu faire une mise au point sur la question des chiens divaguants et leurs dégâts.

Un grand nombre d’éleveurs sont aujourd’hui focalisés essentiellement sur l’inquiétant retour du loup et les massacres de bétail qui en résultent.

Ils ont certes raison de pointer du doigt la gravissime réouverture depuis 30 ans, d’une boîte de pandore que nos ancêtres avaient eu la sagesse de refermer au début du XXème siècle. 

Néanmoins les éleveurs ont tort, je le pense, de vouloir ignorer, ou minimiser parfois, la responsabilité des chiens divaguants dans les massacre de bétail. Ce n’est pas en ignorant ou en minimisant un problème qu’on le règle.
 

Assez curieusement, je n’ai pu trouver aucune statistique officielle sur les dégâts causés au bétail par les chiens divaguants. S’il en existe une, elle est sacrément bien dissimulée. Cette absence autorise toutes les rumeurs et les confusions. 

 

Y a t-il 100 000 animaux d’élevage tués chaque année par des chiens divaguants comme l’affirment un certain nombre de défenseurs du loup soucieux de minimiser l’impact de ce dernier ? 

Le chiffre de 100 000 semble être sorti des statistiques du Royaume Uni, territoire sur lequel le loup a été éradiqué il y a des siècles et à qui ne peut être imputé ce massacre mais qui connait un véritable fléau de chiens divaguants, tueurs de bétail. 

Mettons cependant les chiffres en relation : 

33 millions d’ovins et caprins, au Royaume Uni sur un territoire dont la superficie fait un peu moins de la moitié de la France, 8,5 millions d’ovins et caprins en France. 

Environ 8,6 millions de chiens au Royaume Uni, un des rares pays européens où il y a encore plus de chiens que de chats, et 7,4 millions de chiens en France…

380 habitants au km2 au Royaume Uni avec un habitat « rurbain » ancien et très important, 113 habitants au km2 seulement en France et un mouvement de rurbanisation beaucoup plus récent.

Ramené aux conditions de l’élevage français, aux densités de population, à la moindre rurbanisation des campagnes, le chiffre de 100 000 animaux d’élevage tués chaque année par des chiens divaguants en France parait bien excessif.

 

Que disent les éleveurs ? Des sondages effectués par des groupements d’éleveurs en vue d’effectuer des estimations donneraient quelque chose oscillant entre 9000 et 18000 animaux d’élevage tués par des chiens divaguants chaque année. On est étonné de l’ampleur de l’approximation. 

A mon sens, cette fois ci, de ce que je connais du monde rural, même pour le chiffre haut, on est en dessous du compte.

 

Régulièrement surgissent de différentes sources pro-loups et défenseurs de la nature, des chiffres incroyables allant jusqu’à 100 000 chiens, errants par meutes dans les campagnes de France où ils seraient à l’origine de tous les massacres.

Il est de nombreux pays du monde où existent effectivement des chiens errants, et ils sont une calamité. 

Certains DOM-TOM français sont tout simplement ravagés par ce fléau. 

Mais il n’existe pas de chiens errants en France si ce n’est très brièvement à l’époque des vacances quand des individus qui ne mérite qu’un dégout sans nom, se débarrassent de leur joujou devenu trop grand en le larguant sur le bord d’une route. Et effectivement, cette fois ci, on trouve ce fameux chiffre obsédant de 100 000, il s’agit de 100 000 abandons d’animaux dit de « compagnie » par an, toutes catégories, ce qui est monstrueux. 

Les structures françaises, métropolitaines du moins, remarquablement efficaces font que les chiens abandonnés seront rapidement ramassés et confiés à la SPA où quelques chanceux seulement seront adoptés. L’errance de ces chiens abandonnés ne dépasse donc pas quelques jours parfois quelques semaines quand des bonnes âmes les nourrissent dans la rue, pratique évidemment à proscrire car c’est ainsi que l’on peut « créer » de vrais chiens errants. 

Les chiens et chats étant théoriquement tous immatriculés et identifiés depuis 1999, on peut s’interroger sur la bien curieuse absence d’une législation condamnant systématiquement tout propriétaire de chien ou chat ramassé, abandonné ou divaguant, à une lourde amende.

 

Mais s’il n’existe pas de chiens errants en France actuellement, ou quasiment pas, il existe des chiens divaguants ponctuellement ou régulièrement et le problème n’en est pas moins extrêmement sérieux.

 

Lorsque j’étais enfant dans les années 60, il pouvait avoir des chiens trainant dans les villages, non enfermés ou à la chaine, mais ces animaux n’étaient jamais prédateurs pour la simple raison que la volaille trainait en liberté un peu partout et que dans les mondes paysans un chien prédateur n’aurait pas été toléré. Ils pouvaient parfois être agressifs mais uniquement dans la limite de leur ferme qu'ils ne quittaient jamais et défendaient. 

Il pouvait exceptionnellement arriver qu’un chien prédateur s’échappe ou casse sa chaine et tue volailles et moutons, mais il était immédiatement identifié et pris.

Au delà des villages, en rase campagne, par les prairies, les montagnes, les forêts, les friches, à la chasse avec mon père alors que je savais à peine marcher, et parfois même, des heures durant immobile, à l’affût, je n’ai jamais vu de chien errant. 

Plus tard, dans les années 1980-90, mes longues randonnées dans de nombreuses régions de France m’ont souvent donné à voir non seulement la flore que je traquais plus spécialement, mais aussi la faune. A qui a appris à lire les traces, à s’habiller comme il le faut, à se poster correctement, le spectacle de la faune s’offre aisément… Mais jamais, au grand jamais, je n’ai vu de chien errant, ni de près, ni de loin. Jamais non plus, je n’ai trouvé de gibier tué ou blessé par un chien errant. Et jamais, je n’ai entendu un chasseur me rapporter des dégâts de ce type qu’il aurait constaté. Je reconnais cependant mal connaître certaines régions comme les Alpes ainsi qu'une partie des Pyrénées.

Il est pourtant un phénomène croissant que j’ai souvent constaté à partir des années 1990 et d’autant plus vivement à mesure que l’on se rapprochait, des routes et des lieux habités dont ces lotissements ruraux qui sont une calamité, ce sont des chiens de promeneurs, non tenus en laisse, même pas dotés d’un collier électrique de rappel et souvent piètrement contrôlés par leur maîtres. Et pas forcément très sympathiques, ni les chiens, ni les maîtres… 

Ces chiens appartiennent à des citadins, à des habitants des zones pavillonnaires venus prendre l’air (merci les voitures), et de plus en plus souvent, à des rurbains, ces gens qui travaillent en zone urbaine mais sont venus habiter à la campagne qu’ils enlaidissent et bétonnent avec leurs cités de sinistres pavillons identiques, version horizontale des hideux HLM. Et tout ces gens investissent les grands espaces agricoles et forestiers en considérant qu’ils leurs appartiennent et qu’ils peuvent y exercer leur dictature. 

Cette vaste catégorie de personnes, méconnaissant tout du monde animal, y compris du comportement de leur chien, souvent acheté sur un coup de tête dans une animalerie, partant flâner par les chemins, laissent divaguer leurs animaux au mépris du risque que ceux ci passant le long d’une pâture, sautent une clôture, ou passent dessous selon la race et se jettent sur le bétail qui sera d’autant vulnérable qu’il est enclos. Le chien ne tuant pas pour manger et les bêtes, dans un univers délimité ne pouvant s’enfuir, le massacre peut durer jusqu’au dernier survivant, un peu comme un chat dans un nid de passereaux. 

Dans la même catégorie, on trouve les chiens à qui on ouvre la porte le matin dans les zones pavillonnaires pour qu’ils aillent faire leur besoins tout seuls, leurs propriétaires étant trop fainéants pour les promener en laisse. Un comportement inadmissible qui devrait être réprimé par la loi. On a aussi ceux qui se sont échappés de l’enclos d’un pavillon, la porte étant restée ouverte, ou pompon, ceux dont le propriétaire s’imagine stupidement que nul besoin d’une clôture, une simple haie de thuyas va arrêter un chien laissé à l’abandon des journées entières dans le jardin familial.

Quasiment 100% des attaques actuelles de chiens sur le bétail proviennent de chiens ainsi laissés à divaguer par leurs propriétaires.  

Les races les plus dangereuses sont bien connues car le chien n’a pas du tout la finesse et la discrétion du loup et opère essentiellement en plein jour : le beauceron, de très loin, est en tête des massacres, les bergers allemands ou belges ensuite, les huskys, moins nombreux aujourd’hui, effet de mode, ont eu un gros palmarès, les dobermans aussi. Des chiens plus improbables fox terriers, caniches, ont également un certain palmarès, ce qui n’est pas étonnant, leurs ancêtres furent sélectionnés pour la chasse au renard ou au canard. Certaines de ces races ont également un triste palmarès avec les humains qu’ils croisent. S’agissant des attaques de ces chiens sur le gibier, je ne peux me prononcer, je n’en ai jamais vu et jamais entendu parler par des chasseurs. Et le sujet m’étonne d’autant plus que le gibier est extrêmement méfiant et que le chien, s’il est un bon égorgeur d’animaux domestiques pris au piège d’un enclos, est pour le reste un bien plus modeste chasseur, sauf bien sûr les chiens de chasse mais qui sont sélectionnés et entrainés pour travailler en symbiose avec l’humain et ne sont pas forcément très performants tout seuls.

 

Il faut noter que les associations de défenseurs du loup, après avoir incriminé pendant des années, les chiens errants comme tueurs de bétail, cherchent aujourd’hui à dédouaner les loups en invoquant le fait d’une hybridation de ces derniers avec les chiens errants . 

Cela reflète assez bien chez les protecteurs d’une « Nature » idéalisée voir "déessifiée" (voir le grand délire de Gaïa, notre mère la terre !), un élément de pensée fondamental.

Les actions humaines étant forcément mauvaises, les écologistes ayant fanatiquement repris la notion de culpabilité humaine présente dans l’idéologie chrétienne comme dans d’autres religions d'ailleurs. Par voie de conséquence la domestication d’espèces animales est mauvaise entrainant des déviations du comportement animal « naturel ». Donc, si le loup, merveilleux animal sauvage tue inconsidérément, il n’y a qu’une explication à cela, c’est son hybridation avec des chiens, par nature déviants, puisqu’ils ont été domestiqués.

Nous voilà dans une problématique bien complexe, car le loup est non seulement l’ancêtre du chien avec lequel il partage une grande proximité génétique, et même confusionnelle pour certaines races de chiens, mais il en est resté suffisamment proche pour pouvoir s’hybrider avec le chien en donnant des hybrides qui sont eux même féconds. Or pour les généticiens du chien et du loup, comme pour les historiens, il est évident que des hybridations chiens et loups, au cours des derniers milliers d’années en Europe, il y a du en avoir un grand nombre.

 

Face à la pression des pro-loups, des études génétiques ont été effectuées en 2018 par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage sur un panel portant sur 10 ans de recueil d’échantillons. Il en résulte que 88,7% des loups français seraient des loups non hybridés. 3,6% seraient des hybrides louves-chiens de 1ère génération, 7,5% porteraient des marquages génétiques d’une hybridation plus ancienne. La faiblesse des chiffres reflète le peu de pertinence des assertions des pro-loups.

 

 

 

 

 

Précisions : 

Je suis née dans une famille adorant les chiens, nous en avons toujours eu. Ils ont cependant toujours été autant aimés que fermement éduqués et gardés sous contrôle. J’ai été longtemps adhérente d’un club canin et même lorsqu’on vient d’un milieu où l’on pense tout savoir sur les chiens, c’est une expérience très enrichissante et indispensable. J’adore les compétitions de chiens de troupeaux et plus encore de chiens pisteurs, un discipline à faire connaitre. Mais parce que j’aime les chiens et que je les connais bien, je pense qu’il s’agit d’un animal dont la vente et la reproduction devrait être très strictement réglementée. Il n’est notamment pas admissible que l’on puisse acheter un animal de compagnie sur un coup de tête dans un de ces « supermarchés » que sont les animaleries. L’immatriculation et identification du propriétaire, théoriquement obligatoire, devrait être réellement suivie sur le modèle d’une carte grise de véhicule. Seuls des gens possédant un « permis » de conduite de chiens obtenu dans un centre d’éducation canine agréé devraient être admis à posséder des chiens. Cela permettrait aux novices de prendre conscience des problématiques de comportement des chiens comme d’une éventuelle dangerosité. Cela refrénerait également les achats intempestifs de chiots et, on peut en être sûr, les abandons, mauvais traitements et négligences qui en résultent chuteraient drastiquement. Et même avec tous ces pré-requis, on est jamais assez prudents avec des chiens, comme le loup, c’est un animal extraordinaire et sa psychologie est complexe. 

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