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Hbsc Xris Blog - A la poursuite du réel, historique et scientifique, parce que 1984, nous y sommes presque.

Archéologie, Histoire de l'agriculture, de l'élevage, de l'alimentation, des paysages, de la nature. Sols, faunes et flores. Les sciences de la nature contre les pseudos-sciences, contre l'ignorance, contre les croyances, contre les prêcheurs de l’apocalypse.

Alimentation : la génétique au coeur de toutes les contradictions

La génétique de la persistance de la lactase à l'âge adulte chez les populations du monde. La lactase est une enzyme permettant la digestion du lactose contenu dans le lait. Passé la petite enfance, la lactase disparait sauf chez des populations possédant une des mutations génétiques qui permet sa persistance à l'âge adulte. Il s'agit d'un héritage des populations d'éleveurs par sélection darwinienne.

La génétique de la persistance de la lactase à l'âge adulte chez les populations du monde. La lactase est une enzyme permettant la digestion du lactose contenu dans le lait. Passé la petite enfance, la lactase disparait sauf chez des populations possédant une des mutations génétiques qui permet sa persistance à l'âge adulte. Il s'agit d'un héritage des populations d'éleveurs par sélection darwinienne.

Il y a quelque temps, j’ai lu dans de nombreux journaux, un article intitulé « Le régime idéal pour notre santé et pour la planète ».

Vous remarquerez que le journaliste moyen ne se « foule » pas, l’AFP (ou autre agence) sort un article et des dizaines de journalistes recopient en changeant juste quelques mots ou phrases et publient sans discernement ni analyse ! 

J’ignore qui sont ces 37 spécialistes de 16 pays, qui ont rédigé ce régime, mais j’ai été effarée du degré d’absurdité de cette proposition. Je pense que c’est cela qui m’a fait prendre mon clavier.

 

S’agissant d’alimentation, il parait complètement ridicule de dire que tel ou tel aliment serait bon ou mauvais à consommer et que cela vaudrait pour tout le monde.

Pendant des siècles, à quelques exceptions et il suffit de faire de la généalogie et de fréquenter les cercles généalogistes pour s’en rendre compte, la grande majorité de nos ancêtres ont assez peu bougé (du moins en France), et lorsqu’ils bougeaient, ce n’était pas de façon suffisamment importante pour changer de terroir. 

Des générations successives se sont donc forcément adaptées alimentairement à ce qui était à leur disposition. 

 

C’est indéniablement la raison pour laquelle, selon les populations humaines et leur histoire, on relève tant de différences génétiques dans la façon dont les uns ou les autres peuvent ou non assimiler correctement des aliments. 

Cela explique sans doute également les contradictions permanentes dans le domaine alimentaire d’une étude scientifique à l’autre. 

A mon sens, on ne progressera vraiment dans le domaine de la nutrition que lorsque l’on se mettra à travailler sur des « panels » de population sélectionnées selon une origine commune et donc, on peut le supposer, possédant des patrimoines génétiques proches.

 

Juste 4 exemples très simples : 

 

1-Les porteurs d’une des 6 mutations permettant la synthèse permanente de la lactase et donc la digestion du lactose à l’âge adulte, peuvent boire du lait toute leur vie. Cela concerne essentiellement les européens de la moitié nord de l’Europe, mais pas uniquement d’autres populations humaines ici et là sont concernées. Tous les autres, soit les 4/5ème de l’humanité, ne peuvent pas consommer du lait, au delà de l’enfance, sans rencontrer des problèmes digestifs, voir des problèmes de santé plus complexes.

 

2-On commence à étudier sérieusement les gènes qui permettent la digestion de l’amidon, qui soit dit en passant est tout simplement du glucose, mais assemblé en macro-molécules par des liaisons particulières. 

Dans le génome, les nombreuses répétitions des gènes de l’amylase permettent chez certaines personnes une bonne digestion de l’amidon, en permettant son optimisation nutritionnelle et en évitant (ou limitant) son stockage sous forme de graisses. Certains peuples comme les asiatiques ou les européens du sud, seraient mieux nantis que d’autres. A confirmer… D’autres, peu gâtés dans les domaines des gènes de l’amylase grossissent facilement lorsqu’ils en consomment que ce soit du pain, des pâtes, du riz.

 

3-Les américains ont commencé à étudier la prévalence des intolérances liées au gluten selon les origines ethniques. Cela est plutôt intéressant car émerge l’hypothèse que ceux qui sont atteints en priorité par cette intolérance descendent (au moins partiellement) de populations qui n’avaient pas ou peu de céréales contenant du gluten dans leurs régimes alimentaires. A confirmer….

 

4-Outre de nombreux gènes connus qui favorisent ou non une dépendance à l'alcool, il existe des gènes, très inégalement répartis selon les populations, en fonction de leur histoire alimentaire, qui permettent, ou non, de digérer l'alcool correctement. Le syndrome un peu médiatisé dit de l'Asian Flush, qui touche environ 1/3 des asiatiques, est un déficit enzymatique génétique qui empêche la métabolisation de l'alcool avec plus de gravité chez les porteurs homozygotes. Bien entendu, persister à boire de l'alcool, en étant sujet à l'Asian Flush, expose à de nombreuses pathologies graves.

 

Ces adaptations génétiques ne concernent pas que les humains. Les animaux domestiques, qui ont évolué aux côtés des humains pendant des millénaires, se sont également adaptés à ce que les humains mettaient à leur disposition.

On a par exemple découvert que certaines races de chiens digèrent plutôt bien l'amidon, tandis que d'autres, ne le digèrent pas du tout, comme les races de chiens de traineau qui n'ont jamais connu que la viande comme pitance. Certaines races de chiens Européennes présenteraient également des adaptations à la digestion du lait à l'âge adulte, tandis que d'autres ne le supportent absolument pas.

 

Il s'agit d'un vaste secteur de recherches qui nous apportera sans doute dans un avenir proche, de nombreuses réponses aux contradictions actuelles.

En attendant, il serait peut-être heureux que la presse grand public se calme avec les effets d'annonce qui se contredisent du jour au lendemain, et arrête de donner absurdement le tournis à tout le monde.

 

 

(1°) La génétique résumée de la persistance de la lactase.

Une 6ème mutation, non évoquée dans cette article a été découverte récemment dans la population japonaise.

http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/accompagnement-pedagogique/accompagnement-au-lycee/terminale-2012/un-regard-sur-levolution-de-lhomme/evolution-dans-la-lignee-humaine/quelques-aspects-genetiques-de-levolution-des-populations-humaines-homo-sapiens-sapiens/culture-et-selection-naturelle-au-cours-de-lhistoire-des-populations-humaines/lactase/plan-lactase

(2°) La génétique résumée de l'amylase salivaire

http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/accompagnement-pedagogique/accompagnement-au-lycee/terminale-2012/un-regard-sur-levolution-de-lhomme/evolution-dans-la-lignee-humaine/quelques-aspects-genetiques-de-levolution-des-populations-humaines-homo-sapiens-sapiens/culture-et-selection-naturelle-au-cours-de-lhistoire-des-populations-humaines/amylase/approche-amylase

(4°) Article un peu ancien mais intéressant sur la génétique de l'alcool

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/168/?sequence=17

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